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RESSOURCES FORESTIERES
Cadre général
Le couvert forestier de la République Démocratique du Congo s’étend sur plus de 60% du territoire national : 145 millions d’hectares de forêts (dont 85 de forêts denses humides) sur un total de 235. Les forêts congolaises représentent en superficie les 2/3 de l’ensemble du massif forestier du Bassin du Congo, qui, en zone tropicale, se situe au second rang mondial après celui de l’Amazonie.
La RDC comptait près de 59 millions d’habitants en 2005 ; ce nombre devrait atteindre 70 millions en 2010 et approcher les 100 millions en 2020. En 2050, il devrait y avoir 200 millions de congolais. Les niveaux de déforestation et de dégradation des forêts sont très variables selon les zones en fonction de la densité des populations qui y vivent : en effet, les pressions sur les ressources forestières sont principalement le fait des défrichements agricoles et des prélèvements de bois d’œuvre et surtout de bois de feu. Les zones très peuplées se trouvent à l’est dans la région des Grands Lacs ainsi que dans et autour de la ville-province de Kinshasa et dans la province du Bas-Congo. A l’inverse, la cuvette centrale reste très peu peuplée et couverte de vastes étendues de forêts denses.
Politique sectorielle
L’Etat congolais s’est engagé dans un programme de réformes sectorielles ; en 2002, il s’est doté d’un nouveau Code forestier. Le Ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme, en charge de la gestion du secteur forestier, conduit actuellement un Programme National Forêts et Conservation de la nature (PNFoCo) qui implique l’ensemble des acteurs engagés dans les secteurs des forêts, de l’eau et de la conservation de la nature, à savoir : les administrations centrale et provinciales, les opérateurs privés, les ONG nationales et internationales, les communautés locales et les partenaires au développement. Ce programme s’articule autour des six axes suivants : i) renforcement institutionnel et formation ; ii) zonage participatif et vulgarisation du code forestier ; iii) conservation de la nature ; iv) contrôle et aménagement des forêts de production ; v) foresterie rurale ; vi) services environnementaux.
La RDC entend gérer durablement ses forêts et valoriser de manière optimale toutes les ressources qui peuvent l’être : transformation plus poussée du matériau bois, promotion des produits forestiers non ligneux, recherche de nouvelles biomolécules, contribution à la lutte contre le réchauffement climatique.
La RDC est membre de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC).
Statuts des forêts
Les forêts constituent la propriété de l’Etat et sont classifiées en forêts classées, forêts protégées et forêts de production permanente. Les forêts classées ont une vocation de protection écologique et comprennent : a) les réserves naturelles intégrales, b) les forêts situées dans des parcs nationaux, c) les jardins botaniques et zoologiques, d) les réserves de faunes et les domaines de chasse, e) les réserves de biosphère, f) les forêts récréatives, g) les arboreta, h) les forêts urbaines, et i) les secteurs sauvegardés.
Les forêts protégées constituent des réserves foncières pour l’agriculture paysanne notamment, elles peuvent aussi être concédées pour l’exploitation de bois d’œuvre ou pour constituer des forêts communautaires.
Les forêts de production permanente comprennent les concessions forestières déjà attribuées aux compagnies industrielles et celles qui, après enquête publique pourront être dédiées à la production, puis attribuées après adjudication. Le Code forestier de 2002 ouvre la possibilité pour l’administration forestière et les entités administratives décentralisées de gérer en régie des forêts de production permanente. Il prévoit également la création de concessions communautaires.
Les titres forestiers attribués s’élevaient, au début des années 2000, à près de 50 millions d’hectares (ha). L’augmentation des taxes de superficie, opérée dans le cadre de la réforme fiscale qui a alors été mise en place, a entraîné l’annulation d’environ 25 millions ha de titres sur des forêts non inventoriées, abandonnées et/ou non mises en valeur en 2002.
Une revue légale engagée dans le cadre du processus de conversion de ces anciens titres forestiers en contrats de concession forestière va être achevée fin 2008.
Exploitation forestière et transformation du bois
La production forestière du secteur formel est actuellement de l’ordre de 300 000 mètres cubes par an (m3/an). Après avoir fortement chuté entre 1999 et 2003, le niveau de production est remonté et atteint à nouveau celui du début des années 90. Cette production du secteur formel, assurée par une dizaine d’entreprises, est principalement destinée au marché export, essentiellement européen, moitié à l’état de grumes, moitié sous forme de produits transformés (sciages, parquets, placages déroulés et contreplaqués, placages tranchés). Les unités de transformation industrielle sont concentrées dans la zone de Kinshasa, à l’exception de deux grands sites industriels implantés à Nioki dans le Bandundu et à Bumba dans la Province de l’Equateur. Une cinquantaine d’essences sont exploitées, les trois principales étant le Sapelli, le Wenge et l’Afrormosia et représentant près de la moitié des volumes exploités.
La consommation nationale de bois d’œuvre est largement supérieure à la production du secteur formel, on peut l’estimer de l’ordre de 5 millions m3/an ; elle est essentiellement le fait d’exploitants artisanaux, qui travaillent pour la plupart dans l’informel.
Gestion durable des ressources forestières
Le Code forestier prévoit que les forêts de production concédées soient dotées d’un plan d’aménagement. Ainsi, les compagnies auxquelles sont attribuées des concessions forestières se sont préalablement engagées (i) à gérer durablement les ressources forestières qui y sont contenues, conformément aux prescriptions de documents d’aménagement approuvés par l’administration forestière (ii) à contribuer au développement socio-économique des populations locales dans un cadre contractuel et (ii) à investir en RDC dans la transformation des bois exploités.
Les inventaires d’aménagement déjà réalisés et portant sur deux millions d’hectares (ha) mettent en évidence de faibles volumes mobilisables, estimés entre 1 et 3 m3/ha, compte tenu du panel des essences commercialisables, actuellement restreint. Avec un élargissement de ce panel, les perspectives de production sous aménagement pourraient jusqu’à tripler de façon durable le niveau actuel des prélèvements.
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